L’une des choses dont je suis le plus fière aujourd’hui, est sans doute ce petit être qui a fait de moi une maman.
Le mal être que j’ai trainé durant ces dernières années n’est pas lié à mon statut de jeune maman. Bien au contraire, je le désirais ardemment, l’idée d’être mère m’obsédait bien avant ma grossesse. En outre, côtoyé quotidiennement l’univers des bébés et des femmes enceintes a renforcé en moi cette obsession. Je voulais expérimenter cette douleur que traverse les femmes, et surtout la comprendre (Je sais, ça parait fou). Aussi, j’étais une personne très enthousiaste, débordante d’amour et de passion. Avoir un bébé était pour moi le meilleur moyen pour exprimer toute cette énergie.
Ah oui, je vous autorise à le penser, j’étais naïve (je le suis toujours), je pensais réellement qu’il suffisait d’aimer et un zeste de volonté pour tout surmonter.
Ainsi, lorsqu’au lendemain de mes 21 ans j’ai découvert ma grossesse, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Je n’étais sûre que d’une chose, « quelque soit ce que cela coutera, j’en paierai le prix ».
Cependant je n’ai rien planifié. Je ne savais pas tout ce que cela impliquerait. Tous ces évènements vécus comme un traumatisme, étaient surement liés à mon immaturité psychologique et le manque de préparation.
Néanmoins comme dans toutes expériences, il y a toujours des leçons à tirer. Je vous propose ici, une liste de sept leçons que ce parcours de fille-mère ou mère célibataire m’a inspirée. Mais avant je rappelle que tout ceci émane de mes réflexions et est parfaitement discutable.
1. Une grossesse se prépare
Lorsque l’envie d’avoir un bébé commence par vous hanter (ça arrive à la majorité des femme dans la vingtaine, du fait du nombre plus important d’ovules), prenez votre calepin et faites un bilan. C’est vraiment important la planification d’un enfant. Mettre au monde un être humain n’est pas qu’une simple expérience à faire.
Faire le bilan vous permet de vous assurer que vous êtes vraiment prêt.e (physiquement, psychologiquement, émotionnellement, financièrement, matériellement,etc.) avant de vous lancer dans la quête. Après cette analyse personnelle, faire le même bilan auprès de votre partenaire. Ce que j’ai appris à mes dépends, c’est qu’une grossesse se prépare à deux. Il ne s’agit pas que de vous, mais également du potentiel papa.
C’est un bilan que je n’avais pas fait. Même si je ne m’étais pas spécifiquement lancer dans la quête d’un enfant, un bilan m’aurait permis d’être plus prévenante.
2. Le choix du partenaire est important
La façon dont nous prévoyons la parentalité est intrinsèquement liée à notre personnalité, nos croyances et notre vision de la vie; de l’héritage que nous voulons laisser. L’idéal serait de trouver un compagnon qui partage votre vision de la parentalité, et vous prête main forte durant tout le processus.
Dans mon cas, le père de mon enfant n’était pas un monstre. C’était un homme disponible, aimable et serviable. Du moins je ne voyais pas au delà de ça. Mais il y a beaucoup d’autres paramètres qui entre en jeux et que je n’avais pas considérés. Notamment son sens de responsabilité, sa relation avec ses proches, son autonomie intellectuelle ( ces paramètres sont très importants pour moi).
A l’époque, il avait une sorte de complicité avec sa mère qui m’a toujours émerveillée. Je pensais qu’un homme avec une telle connivence avec sa génitrice devrait certainement être bienveillant envers sa partenaire et très favorable à la couplicité. Par exemple avant ma grossesse, je n’ai jamais trouvé gênant que sa mère soit au courant de nos discussions, des plus banales au plus intimes. Mais ce que j’ignorais, c’est qu’elle était vraiment au courant. Ce n’est qu’après ma grossesse que j’ai compris qu’il s’agissait d’une relation à trois. Elle avait prit les règnes, et mon rôle serait celui de la bonne femme de maison. Ce qui ne correspond aucunement à ma personnalité.
Lorsque vous choisissez votre partenaire, vous ne choisissez pas qu’un homme charmant au physique de Michael B. Jordan, ou un bon parleur. Vous choisissez votre vision de la parentalité, vos ambitions, et votre bien être dans toutes ses dimensions.
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3. Préserver son équilibre psychologique
Être une bonne mère, c’est d’abord être une femme épanouie et harmonieuse. Les enfants sont très sensibles aux émotions et à l’énergie de leur mère. La preuve, j’ai hérité partiellement de l’état émotionnel de ma mère au cours de ces dix dernières années.
Le plus dure quand j’ai eu mon enfant, c’était d’accepter l’échec et d’assumer la responsabilité de la monoparentalité. Je me culpabilisais, et l’idée d’imaginer mon enfant trainer dans un double foyer était plus qu’un supplice pour mon esprit. J’en étais même arrivée à une dépression. Je me sentais tellement mal, au point où j’arrivais difficilement à regarder mon enfant avec des yeux d’amour et de joie. Tout ce que je voyais était de la peine, c’était dure d’imaginer mon enfant grandir sans la présence paternelle. Je ne sais pas si ma vie aurait été différente sans la présence de mon père. Mais le fait de l’avoir eu a été indispensable pour moi.
J’avais une énorme pression. Comment faire pour que mon enfant ne manque de rien? Comment combler le vide affectif? Ces types de réflexions étaient devenues mon quotidien. La croyance d’avoir failli à une part importante de ma vie était ma hantise. Moi qui aime avoir le contrôle, moi, l’ennemie juré de l’échec (Aha, quand mon égo bombe le torse!!!).
C’est tout drôle, je me retrouve à écrire ces lignes cinq ans après, et je me rends compte que j’ai perdu tout ce temps à me haïr. Toutes ces années, j’ai construit un château d’énergie négative autour de ma personne, pour me prouver à quel point j’étais une mauvaise mère et surtout courir dans tous les sens pour compenser. Dans mes courses, j’ai toujours pensé à comment construit un futur meilleur pour mon enfant.
Mais je ne me suis jamais demandé, en attendant le futur, tu fais quoi? Tu fais quoi pour toi? Tu fais quoi pour ton enfant? Tu fais quoi maintenant, là, tout de suite? Depuis cinq ans je suis restée bloquer sans ouvrir la porte à tous ces « NEXT » qui clignotent. Je sais à quel point cet état a creusé de distance entre mon enfant et moi.
Pourtant j’aurais pu relativiser, tout ce dont les enfants ont besoin c’est de l’amour et de la bienveillance. Et comme je le dis souvent, on ne donne que ce que l’on a. Comment donner de l’amour à ta progéniture si au fond ce qui t’habite c’est la culpabilité et la peine ? Culpabilité pour un passé que tu n’as pas choisi et peine pour un futur que tu ne connais même pas.
Travailler donc pour votre propre bien être est le premier cadeau que vous pouvez donner à votre enfant. Cela constitue une base fondamentale pour leur propre croissance psychologique et émotionnelle.
« Les enfants n’ont pas besoin d’une mère parfaite, ils ont besoin d’une mère heureuse. »
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4. La monoparentalité n’est pas négative
L’enfer de la monoparentalité n’existait que dans ma tête. Inconsciemment j’avais pris en compte les clichés récoltés par ci et là après la rupture avec le père de mon enfant. De toute façon, les critiques négatives étaient une dope pour mon mal être psychologique. « Tu l’a quitté avec un enfant sur le bras ? c’est une malédiction ; Quelques soit ce qui se passe, patiente pour avoir le second enfant avant de partir ; tu risques de te retrouver avec plusieurs enfants de pères différents, tu risques de te retrouver sans mari, lorsqu’on commence la vie d’adulte avec un tel échec, cela poursuit toute la vie» ( avez-vous remarqué comme moi que lorsqu’une relation tourne au vinaigre, c’est toujours la faute de la femme?).
Je ne sais pas exactement à quel moment j’ai pu intégrer tout ça, mais le bilan de mes relations au cours de ces dernières années me prouve bien que j’y croyais et que je me prenais vraiment pour une moins-que-rien. Ayant grandi avec l’affection de mes deux parents, j’imaginais mal un enfant vivre dans un foyer monoparental, ou avec une famille recomposée, et encore moins un enfant qui vient de moi. J’ai un égo qui est parfois démesuré surtout pour tout ce qui touche ma vie.
Mais visiblement mon enfant n’en souffre pas autant. Elle est bien entourée. Et je comprend au fil du temps que mon rôle n’est pas de combler un quelconque vide. J’ai pensé aux enfants qui se sont retrouvés orphelins du jours au lendemain. ça fait certainement mal, mais on n’en meurt pas. De plus, quand mon enfant aura besoin de son père, il pourra lui rendre visite. J’apprends à moins me mettre la pression et à élever mon enfant de telle sorte qu’elle soit vraiment libre de faire ses choix, au vue de son parcours et de ses désirs. Son histoire serait peut être différente de celle de la plupart de ses camarades. Mais elle sera toujours sa plus grande force.
5. Être parent, c’est un boulot à temps plein
Lorsque vous devenez parents, vous n’êtes plus complètement libre. Tout votre univers tourne désormais autour de votre enfant. Vos programmes et vos plans sont minutieusement élaborés avec lui comme point central. Votre carrière, vos distraction, votre mode de vie, vos pensées, votre temps, tout est impacté par sa présence. C’est une responsabilité à plein temps. Pour quelqu’un qui est accro à la liberté et l’indépendance j’ai été déstabilisé à mes débuts.
Par ailleurs, ce qui est le plus pesant dans la parentalité , ce n’est pas de veiller à l’alimentation du bébé, de changer ses couches, lui donner le bain, l’habiller et lui offrir un environnement sécurisé (on a pas besoin d’être parent pour faire tout ça), mais le fait que la vie, le bien-être, et l’avenir d’un être humain repose sur vos épaules est une charge dont vous ne pouvez jamais vous libérer.
6. Un enfant, c’est le point de liaison entre les familles
Il y a un adage populaire qui dit:
« A l’état de grossesse, l’enfant appartient uniquement à la femme, mais dès qu’elle accouche, il devient la propriété de toute la société »
Ceci est encore plus valable dans le cercle familial. Dans les sociétés où les liens familiaux sont encore très étroits comme la notre, la naissance d’un enfant peut déterminer la nature de la relation entre les familles de ses géniteurs. Lorsque l’enfant ne vient pas dans le cadre formel d’un mariage, et que les parents sont encore assez jeunes, la relation qui nait entre les familles peuvent être source de pression et déterminer la survie ou non du couple.
Quand la relation entre les deux familles est bonne, cela donne lieu à un brassage culturel, ethnique, religieux, etc.
Par contre, si la relation est mauvaise, c’est une guerre qui peut traverser les générations. Je pense d’ailleurs que la plupart des ethnies à qui s’interdisent de se marier entre elles ont certainement tiré cette haine d’une histoire pareille. .
Je ne dirai pas de faire attention à la famille dont votre partenaire est issue. Vous n’avez pas à avoir des appréhensions ou à juger toute une famille. Néanmoins, quelque soit ce qui advienne des relatons (couple et/ou inter familiale) après la naissance de votre enfant, faites en sorte que la paix règne autour de lui.
7. L’échec, c’est la plus belle des leçons
Un ami perdu de vu durant une longue période m’a rendue visite au boulot un jour, et à la fin de notre discussion, il m’a regardé droit dans les yeux et m’a demandé: « Si on te donnait le pouvoir de retourner dans le passé, que changerais tu de ton histoire ».
Je l’ai fixé à mon tour, sans vacillé, et sans l’ombre d’un doute, avec une voix déterminée, j’ai répondu « Rien du tout ».
A la base, je suis de nature à vouloir le contrôle absolue sur tous les aspects de ma vie, je ne donne pas de place à l’échec. Et très souvent les situations imprévues peuvent être sources de désorientation pour moi.
Mais aujourd’hui je réalise qu’au fond, il n’y a pas d’échecs. Il y a juste des vies choisies et des leçons à retenir. Autrement, ce blog n’existerait peut-être pas, ni la perspective d’un livre.
Savoir à l’avance que rien n’est linéaire et qu’on peut relativiser dans n’importe quelle situation est déjà une victoire qu’aucun « Échec » ne saura vous enlever.
