Monoparentalité: le bilan d’une maman atypique (1/4)

Je commence par aimer ce silence autour de moi, il a quelque chose de mystérieux, de vrai. Je crois qu’il détient le pouvoir de la Paix. En ce moment précis où mes doigts pianotent le clavier, je me sens remplie de gratitude, je vis la pleine conscience et j’espère trouver l’inspiration nécessaire pour aller au bout de mes idées à travers ce bilan.

La souffrance psychologique avait un nom

Durant ces cinq précédentes années, je ne pouvais pas m’inviter seule dans une pièce pendant un quart d’heure, sans que ça ne tourne au désastre mental (Réflexions nocives, ruminements toxiques, culpabilité, autoflagellation…). Je ne manquais aucune occasion pour me pointer ce flingue auto-destructeur contre la tempe. Je n’avais même pas besoin d’aide pour appuyer sur la gâchette. En gros, le self-meet était impossible,

Je devais forcément m’occuper. Mon cerveau et mon mental doivent trouver quoi faire à chaque instant, pour que je sois en paix. Je ne pouvais plus continuer comme ça, encore moins passer toute ma vie à m’éviter ou me fuir. En 2020, je me suis promise de briser ce cycle infernal. Dès le début de cette année je sentais le besoin de détruire quelque chose, tordre le cou à une partie de moi, ne serait-ce que pour reprendre ma vitalité. Je ne savais pas quoi, j’avais rasé mes cheveux pour commencer (espérant que ça ne règle moins une infirme partie du problème).

J’ai finalement réalisé que j’ai assez lutté contre mes ténèbres. Il est temps de l’accepter, je mérite d’accueillir la lumière et d’en profiter.

Un nouveau cycle commence

Aujourd’hui, plus je passe du temps en tête à tête avec moi-même, plus je me rend compte des avantages du chemin parcouru, et de toutes les chances qui accompagnent. Je comprend de plus en plus la personne en face, j’observe son évolution et je commence à me sentir en harmonie avec elle.

Cette sensation d’avoir entamer un nouveau cycle de vie ne me quitte plus, depuis la célébration de mes 27 années d’existence. J’adore cette nouvelle personnalité qui nait. J’aime ce nouveau cycle, ce Moi nouveau, cette sensation d’unité. Il est beaucoup plus sain, plus mature, me procure plus de bonheur, d’assurance et de sérénité.

Je n’ai pas attendu d’avoir une surprise, de toute façon, je n’en espérais pas tellement. Je voulais célébrer ce jour, qui venait 3 semaines après la célébration du cinquième anniversaire de mon enfant. J’ai commandé mon gâteau comme une grande, j’ai invité mes formidables nouveaux amis que je me suis faite dans ma nouvelle ville, et nous avons festoyé. C’était simple, gaie et tout le monde était content.

Ma vie Monoparentale

A vrai dire, je doute parfois de ma légitimité lorsque je dois aborder la monoparentalité. Je me demande si ce n’est pas égoïste ou une façon ingrate de nier tous ces privilèges, que j’ai eu. Je sais qu’il y a surement des femmes qui ont eu plus de difficultés pour élever seules leur(s) enfant(s). De toute façon, autant similaire qu’elles soient, les situations ne sont jamais vécues de la même façon.

En réalité, dès la première année de vie de mon enfant, elle a été adopté par mes parents. Une situation que j’ai eu du mal à accepter (jusqu’à présent la pilule n’est pas complètement passée). J’en ai voulu à la terre entière. Je pensais qu’il était certain que je me remettrais surement de mon statut de maman solo. Mais une maman célibataire sans enfant dans les bras a été difficile à concevoir. c’était la goutte d’amertume qui a prolongé ma souffrance. Cependant, j’étais restée incomprise durant toute cette époque derrière moi.

Aujourd’hui la plupart de mes ami-e-s trouvent ma situation très luisantes. A 27ans, j’ai un enfant âgé de 5 ans, une famille qui me soutient et qui l’élève, un travail considérable et j’ai l’opportunité de poursuivre mes rêves.

Par ailleurs, personne ne perçoit le déséquilibre émotionnel que j’ai trainé jusqu’ici. Définitivement, le mal être de l’âme et de l’esprit restent les plus invisibles.

Je voulais un enfant, je voulais être parent, j’avais un plan pour son éducation. Je savais déjà quelles valeurs je voulais lui inculquer, la discipline autour de son existence. Hélas, j’étais trop jeune, trop seule, trop perdue, et j’avais la sottise de penser que ça pourrait être simple. Je n’avais jamais imaginé ce que pouvait être l’après accouchement. Aucune idée de ce que pouvait être la vie des femmes après accouchement, et surtout de comment les mamans célibataires vivaient leur solitude parentale. En adoptant mon enfant, mes parents voulaient surement m’ôter le poids de cette souffrance là, et les difficultés de la monoparentalité. Pourtant cela ne s’est pas fait, mon âme l’a abrité.

Avant ma grossesse, toute les connaissances que j’avais sur la monoparentalité était essentiellement basée sur des stéréotypes, des idées reçues, des préjugés. C’est donc naturellement que je me suis érigée en juge contre moi-même en plus de tous les autres.

En vrai, la seule forme de parentalité qui était normale à mes yeux à cette époque était celle classique. Alors, dans mon inconscient, je ne concevais pas la possibilité d’un autre modèle de parentalité. Après la naissance de mon enfant, ce dont j’avais peur, ce n’était pas le célibat, encore moins les ressources financières pour assumer. Ma crainte était plutôt que mon enfant souffre du fait de ne pas grandir dans une famille normale.

Dieu merci aujourd’hui les choses changent progressivement, j’apprends à voir mon enfant autrement, à l’aimer avec la particularité de notre histoire. Mais j’apprends surtout à prendre du temps pour moi, à me pardonner, reprendre confiance en moi et en la vie. Ma foie, c’est l’une des meilleures décisions que j’ai prise de ma vie.

Après cinq ans de vie monoparentale soutenue par ma famille, je pourrai aisément reprendre cette phrase de Numa Murard dans la Revue Dialogue 2004/1 (n°163) :

La monoparentalité n’est pas le problème, c’est plutôt la solution d’une conjugalité impossible ou insupportable.

Le Bilan

J’aurais voulu vous parler de ses joies, ses caprices, d’une maman hyper joyeuse, de notre complicité, j’aurais aimé dire à travers ces précédentes lignes que je la connais par cœur. Quelques années en arrière, j’avais silencieusement promis à Baby P. de publié mon premier livre lors de son cinquième anniversaire. Le livre qui racontera notre histoire. Qu’allais-je mettre à l’intérieur? du regret, de l’amertume, de la culpabilité? de la fierté? de l’amour?

Je préfère m’en arrêté ici pour l’instant, je vais me faire un bon jus de pastèque pour célébrer cette nouvelle personnalité qui grandit tout doucement, sans pression, ni stress. Cheer!

Cet article est le premier d’une série de quatre dénommée « Le Bilan d’une maman atypique ».

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